Eglise Protestante Unie Port-Royal Quartier Latin

Culte du 19 octobre 2025

Prédication : Claire GrusonOrgue : Emmanuel Mandrin

Musique

SALUTATION

La grâce et la paix vous sont données de la part de Dieu notre Père et de Jésus Christ notre sauveur.
Réjouissons-nous car Dieu n’est pas un inconnu, dominateur, éternel indifférent au monde qu’il a créé.
Au contraire, il s’y fait connaître. Il y fait retentir sa parole.
Réjouissons-nous car cette parole n’est pas un immuable message.
Mais elle est un homme de Palestine, venu il y a 2000 ans.
Réjouissons-nous car cet homme n’est pas un pieux souvenir à embaumer et à vénérer.
Il est mort et ressuscité et aujourd’hui, il est vivant.
Père, tu bénis ce temps de culte.
Donne-nous de nous réjouir de ta présence parmi nous, d’être disponible à l’Evangile, d’accueillir ton Saint-Esprit et de rencontrer Jésus-Christ.

LOUANGE

Seigneur, je te loue de me surprendre quand je suis habitué, de me reprendre quand je suis égaré et de me prendre quand je suis perdu.
Je te loue d’être un Dieu vivant, qui se met en quête de l’homme, non pas un Dieu qui demeure, mais un Dieu qui vient.
Je te loue d’être moins le but que le chemin, moins le terme que la brèche, moins l’horizon que la recherche. Dieu vivant, tu es vivifiant.
Dieu vivant, tu es unique. Aucun n’est pareil à toi.
Amen

Psaume 1, strophe 1, 2 et 3

DEMANDE DE PARDON

Extrait d’une prière d’André Dumas

Notre Dieu, il arrive que nous connaissions trop toutes tes paroles et toutes tes histoires. Elles deviennent alors en nous des refrains sans saveur, des récits sans intrigue, des conseils sans autorité. Ta Bible devient une exposition trop de fois visitée pour que nous ayons encore envie de suivre le guide et de regarder les tableaux. Ta Parole vive se transforme en ressassement mort.
Notre Dieu, nous voudrions qu’il en soit autrement.
Nous aimerions que l’ennui du ressassement cède le pas aux délices de la répétition. Nous aimerions que, semblable à une musique dont les variations s’appuient au long de la même mélodie, ta Parole devienne et redevienne la tonalité profonde de nos vies, si bien que nos variations infinies s’inscrivent dans le rythme même de ta révélation.

Psaume 121, strophe 1

ANNONCE DU PARDON

Psaume 121, psaume du jour

Je lève les yeux vers les montagnes. D’où me viendra le secours ? Le secours me vient du Seigneur, qui fait le ciel et la terre. Il ne te laissera pas vaciller sur tes jambes ; celui qui te garde ne sommeille pas. Non, il ne sommeille ni ne dort, celui qui garde Israël. C’est le Seigneur qui te garde, le Seigneur est ton ombre à ta droite. Le jour, le soleil ne te frappera pas, ni la lune pendant la nuit. Le Seigneur te gardera de tout mal, il gardera ta vie ; le Seigneur te gardera lorsque tu sortiras et lorsque tu rentreras, dès maintenant et pour toujours.
Chantons à Dieu notre reconnaissance.

Psaume 121, strophes 2 et 3

VOLONTÉ DE DIEU

2 Timothée 4, 2 (parmi les textes du jour)

Proclame la Parole, interviens en toute occasion, favorable ou non, réfute, reprends, encourage, en te montrant toujours patient dans ton enseignement.
Psaume 121, strophe 4
PRIÈRE D’ILLUMINATION
Au moment de lire la parabole du juge et de la veuve, nous prions.
Seigneur, envoie sur nous ton Esprit. Qu’il éclaire notre lecture afin que ta Parole nous atteigne au plus secret de nous-mêmes. Qu’elle révèle la Vérité de notre vie. Qu’elle nous réconcilie avec Toi, avec nous-mêmes et avec les autres.

LECTURES

Exode 17, 8 à 13

8À Rephidim, Amaleq vint faire la guerre à Israël.
9Alors Moïse dit à Josué : Choisis-nous des hommes, sors et combats Amalec ; demain je me tiendrai sur le sommet de la colline, le bâton de Dieu à la main.
10Josué fit ce que Moïse lui avait dit pour combattre Amalec. Moïse, Aaron et Hour montèrent au sommet de la colline.
11Lorsque Moïse élevait sa main, Israël était le plus fort ; lorsqu’il reposait sa main, Amalec était le plus fort.
12Comme les mains de Moïse se faisaient lourdes, ils prirent une pierre qu’ils placèrent sous lui, et il s’assit dessus. Aaron et Hour soutenaient ses mains, l’un d’un côté, l’autre de l’autre ; ainsi ses mains restèrent fermes jusqu’au coucher du soleil.
13Josué vainquit Amalec et son peuple au fil de l’épée.

Luc 18, 1 à 8 (traduction de Frédéric Boyer)

1.Il leur raconte alors une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier et ne
pas faiblir. 2.Disant : « Il y avait un juge dans une ville qui ne craignait pas le Dieu et
que n’impressionnait personne.
3. Il y avait une veuve dans cette ville-là et elle vint à lui en disant : Rends-moi
justice contre mon ennemi.
4. Mais il n’a pas voulu pendant un temps.
Et plus tard, il se dit en lui-même : « Même si je ne crains pas le Dieu et ne suis
impressionné par personne, 5. comme cette veuve ne m’apporte que des ennuis, je lui
rendrai justice pour qu’elle ne vienne pas sans fin m’accabler.
6. Alors le Seigneur dit : Entendez ce que dit le juge d’injustice !
7. Et le Dieu ne ferait pas justice à ceux qu’il a choisis, qui l’appellent en criant après
lui jour et nuit ? Et il les ferait patienter ?
8. Je vous dis qu’il leur fera justice, et en vitesse !
Cependant, le Fils de l’humanité, quand il viendra, trouvera-t-il vraiment la confiance
sur la terre ? »

Musique

PRÉDICATION

Ce matin, nous voici lecteurs d’un récit qui finit bien. Mais c’est après l’ histoire
d’un violent rapport de forces entre un juge inébranlable, enfermé dans sa
brutalité minérale et une veuve, archétype biblique du grand dénuement,qui
réclame obstinément qu’on lui fasse justice contre son adversaire. Texte
magnifique parce qu’il nourrit notre espérance d’être entendus dans notre désir de
justice. Texte magnifiquement écrit : un récit très condensé et efficace (8 versets)
pour rendre compte d’une histoire qui a sûrement duré longtemps, à la mesure de
la surdité du juge et de l’obstination de la veuve.
Texte qui sait donner à cette histoire une profondeur et un écho dans la nuit des
temps : en effet il évoque tous ceux (et ils sont nombreux dans l’Histoire..) qui
« crient justice jour et nuit » et il s’achève sur une question eschatologique,
portant sur la fin des temps : « le Fils de l’Humanité, quand il viendra, trouvera-
t-il vraiment la confiance sur la terre ? »
Pour aborder ce texte, je vous propose de nous questionner sur l’identité des
différents personnages.
– D’abord le juge : le juge qui ne craint pas Dieu : le mot crainte est à
explorer ici d’autant qu’il apparaît à deux reprises. La crainte de Dieu ne
relève pas de la peur mais de l’éthique. La crainte biblique conduit lespersonnages qui l’éprou-vent à s’écarter de ce qui détruit, à ouvrir un chemin
pour entretenir la vie et à s’opposer aux forces de mort. L’absence de crainte
de Dieu fait partie ici de l’identité affirmée du juge telle qu’elle apparaît
dans son monologue intérieur (à noter que le juge ne se parle qu’à lui-
même) : « Bien que je ne craigne pas Dieu et que je n’aie d’égard pour
personne… ». Une identité ouvertement cynique ! S’il répond à la veuve
finalement, c’est pour avoir la paix, pour que cette veuve ne lui casse plus
les oreilles. Il me fait penser à cette scène au camp d’Auschwitz rapportée
par Primo Lévi au 2ème chapitre de Si c’est un homme : « …poussé par la
soif, j’ avise un beau glaçon sur l’appui extérieur d’une fenêtre. J’ouvre et je
n’ai pas plutôt détaché le glaçon qu’un grand et gros gaillard, qui faisait les
cent pas dehors, vient à moi et me l’arrache brutalement. « Warum ? » dis-
je dans mon allemand hésitant. « Hier ist kein warum » (ici, il n’y a pas de
pourquoi) me répond-il en me repoussant rudement à l’intérieur. ». On peut
dire qu’ici le juge incarne tout ce qui est détestable.
N’est-il pas étrange alors que le texte nous invite à un rapprochement entre ce
juge cynique et…Dieu ? Bien-sûr ce rapprochement relève d’une argumenatation
a fortiori : si le juge accepte finalement de donner suite à la plainte de la veuve,
alors Dieu, lui, fera sûrement beaucoup mieux. Nous comprenons cette manière
de raisonner. Elle met pourtant un peu mal à l’aise et peut nous faire penser au
silence de Dieu évoquée par cette prière du psaume 83 :
« O Dieu, sors de ton silence, Dieu ne reste pas inerte et muet ».
– La veuve et son cri irrésigné. Son cri qui ne faiblit pas. Son courage, son
audace et sa vitalité sont impressionnants. Elle pourrait ne pas tenir bon et
finir par se résigner à une situation qu’elle accepterait comme une fatalité.
Espérer exige de la force et elle parvient à maintenir intacte cette énergie
vitale. Cette très brève évocation par Luc de la souffrance humaine
m’apparaît comme un condensé du livre de Job dans l’Ancien Testament
(42 chapitres). Job, c’est l’homme accablé, qui souffre sans que le sens de
cette souffrance lui apparaisse, même si ses amis bien pensants s’emploient
à la lui expliquer et à la justifier au nom d’une théologie de la rétribution.
« Si je parle, ma souffrance n’est pas soulagée, si je cesse de parler,
comment s’en irait-elle loin de moi ? » (dit-il au chap. 16) Le cri, la
plainte de Job se déploient obstinément en plusieurs dizaines de chapitres
et dans un langage d’une inépuisable beauté poétique jusqu’à ce que
finalement Dieu lui réponde et parle avec lui : « Dieu répondit à Job ».
L’homme peut alors se relever parce qu’il a un interlocuteur.
A la question posée initialement : qui est qui ? Je dirais que la veuve, c’est
l’humain souffrant qui ne peut comprendre le sens de cette souffrance et dont le
cri n’a pas de fin. Mais je voudrais rappeler aussi une autre hypothèse interprétative, celle que nous avait livrée, un dimanche, notre pasteur Robert Philipoussi dans une de ses prédications surprenantes : cette veuve qui clame son désir de justice et crie jour et nuit, est-ce nous les hu-mains ou bien ne serait-cepas plutôt Dieu ? Dieu cherchant à nous réveiller, à nous secouer de notre
indifférence, de notre insensibilité aux maux de la terre, de notre absence de foi
ou de confiance ? Dieu cherchant à parler avec nous…
– Un autre personnage intervient dans ce récit au verset 7 : non pas un
individu mais un ensemble d’humains dont l’identité n’est définie que dans
leur rapport avec Dieu : « Et le Dieu ne ferait pas justice à ceux qu’il a
choisis, qui l’appellent en criant après lui jour et nuit ? ». Le groupe de ceux
que Dieu a choisis.
Un mot troublant qui parle d’élection. « Ceux qu’il a choisis ». Dieu choisirait-
il donc ceux qu’il sauve ? Et les critères de son choix appartiendraient-ils à son
mystère ? Ici il nous faut affronter un mot qui a donné lieu à bien des
malentendus : celui de prédestination. Bien loin de moi l’ambition d’ éclairer ce
matin les arcanes de ce terme propre à la théologie de Calvin. Ce serait long et
périlleux mais ce serait certainement nécessaire, surtout quand la tendance peut
être de se considérer comme « choisi », à l’exception de tous les autres. Ce
pourrait être un horizon de recherche stimulant pour le choix des thèmes de nos
assemblées thématiques (car après tout ne sommes-nous pas appelés à devenir
tous théologiens ?). Mais un mot est nécessaire tout de même dans l’immédiat
pour éviter de confondre prédestination et prédétermination ; pour éviter
absolument la soumission à une sorte de fatalité qui réglerait arbitrairement
l’histoire humaine. Les implications de cette distinction sont essentielles.
– Revenons pour finir à l’introduction de ce récit : « Il leur raconte alors une
parabole sur la nécessité pour eux de prier toujours et de ne pas faiblir. »
Cette parabole aurait pu avoir un autre préalable, par exemple dire « pour
les inciter à reconnaître la grâce inépuisable de Dieu en Christ. » Mais
l’introduction au texte nous invite ici à l’acte que constitue la prière.
La prière comme cri : comme le « non » au sortir d’un cauchemar et qui nous fait
nous réveiller en refusant l’horreur du monde.
La prière comme conversation avec Dieu, un Dieu qui souhaite que l’homme
parle avec lui, comme le faisait Moïse. Non pas une prière de demande, une
démarche pour faire fléchir un Dieu supposé sourd et aveugle ; ni un étalage de
piété ni une « effusion nuageuse » (cette expression vient d’André Dumas dans
son beau livre Cent prières possibles.dont le dernier chapitre s’intitule « Prier,
c’est causer »). Une causerie, un dialogue d’un Je et d’un Tu, comme celui qui
s’engage à la fin du livre de Job. Nous ne pouvons expliquer d’où vient la
souffrance humaine, celle de Job, celle de la veuve. Mais, à l’opposé de ce jugequi n’a d’autre interlocuteur que lui-même, nous pouvons entrer en dialogue avec
Dieu par la prière et dans cette conversation à laquelle il nous engage, affronter
avec lui les obscurités nées de la complexité du monde pour entrer dans un
devenir.

Musique

CONFESSION DE FOI

Éternel je crois que tu es le Dieu vivant Que tu es mon Dieu.

Je crois que tu as donné ton fils Jésus Christ pour nous sauver. Il est notre frère, notre ami, notre seigneur.

Je crois que ton esprit nous fait vivre Avec plus de foi, plus d’espérance et plus d’amour. Je crois que c’est ensemble que nous avançons vers toi Et qu’ensemble nous ferons un monde plus juste. Amen

22-05, strophes 1 à 4

NOUVELLES ET OFFRANDE

PRIÈRE D’INTERCESSION

Éclaire, Seigneur, de la lumière de ton Esprit et de ta Parole nos cœurs et nos pensées. Alors, dans la confusion du monde nous demeurerons capables de présence et de distance. De présence auprès des hommes et des femmes de la terre, à la façon dont tu as été présent, en serviteur de justice et de grâce ; de cette distance aussi que l’on nomme « liberté », vis-à-vis des forces aliénantes de ce monde, nous gardant en toi, libres de servir. Nous confions à ta bienveillance tous ceux que les César d’aujourd’hui veulent fasciner de leur vaine gloire. A toi seul, nos cœurs, nos vies.
Et ensemble nous te disons NOTRE PÈRE…

EXHORTATION ET BÉNÉDICTION

Musique