Eglise Protestante Unie Port-Royal Quartier Latin

Culte du 7 décembre 2025

Prédication : Suzie JoubertPiano : Myriam Saab-Seurin

Musique

SALUTATION

Que chacun et chacune se sente à sa place ce matin : habitué, de passage ou juste curieux de voir ce qui se passe dans ce temple.
La grâce et la paix vous sont données de la part de Dieu notre Père et de Jésus-Christ notre Sauveur. Le Seigneur nous appelle. Le Seigneur nous rassemble. Le Seigneur nous unit. Il est présent parmi nous.

LOUANGE [debout]

Louons Dieu avec le début du Psaume 78

1 Mon peuple, écoute mes instructions !
Prête l’oreille aux paroles de ma bouche !
2 *J’ouvre la bouche pour parler en paraboles,
j’annonce la sagesse du passé.[a]
3 Ce que nous avons entendu, ce que nous savons,
ce que nos pères nous ont raconté,
4 nous ne le cacherons pas à leurs enfants ;
nous redirons à la génération future les louanges de l’Éternel,
sa puissance et les merveilles qu’il a accomplies.

12-14 (chant de Taizé), trois fois

PRIÈRE DE CONVERSION

Assurés de l’amour de Dieu en Jésus-Christ, reconnaissons notre péché.

Pour toutes les fois où nous étions trop occupés pour nous soucier des autres,
Pour toutes les fois où nous étions trop fatigués pour nous préoccuper de nos amis, Pour toutes les fois où nous n’avons pas vraiment écouté ceux et celles qui voulaient nous parler, Pardonne-nous, Ô Dieu.
Pour notre incapacité de reconnaître la souffrance des opprimés,
Pour notre incapacité de dénoncer publiquement les injustices de notre société, Pour notre incapacité de pardonner ceux et celles qui nous ont blessés dans le passé, Pardonne-nous, Ô Dieu.

31-28, strophes 1 et 2

ANNONCE DU PARDON

“Quand les montagnes s’effondreraient, dit Dieu, Quand les collines chancelleraient, Ma bonté pour toi ne faiblira point et mon alliance de paix ne sera pas ébranlée. Je t’aime d’un amour éternel, et je te garde ma miséricorde”.
Et voici comment Dieu a manifesté son amour : “Il a envoyé son Fils unique dans le monde afin que, par lui, nous ayons la vie”.
Que Dieu nous mette au cœur l’assurance de son pardon et qu’Il nous donne de marcher vers son Royaume. Chantons notre reconnaissance.

31-28 versets 3 et 4 [debout]

EXPRESSION DE LA VOLONTÉ DE DIEU

Voici ce Jésus nous propose de vivre selon le témoignage de l’apôtre Jean :

Comme le Père m’a aimé, je vous ai aussi aimés.
Demeurez dans mon amour.

Si vous gardez mes paroles,
vous demeurerez dans mon amour,
de même que j’ai gardé les paroles de mon Père,
et que je demeure dans son amour.

Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous,
et que votre joie soit parfaite !

Voici ce que je vous propose :

Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.

32-16, les trois strophes

PRIÈRE D’ILLUMINATION

Nous prions Dieu avant de lire les Écritures, afin qu’elles deviennent pour nous Parole de vie.

(silence)

Père, ta Parole est pour nous ferment du Royaume et germe d’espérance. Que par ton Esprit, nous la recevions avec simplicité et avec joie. Que cette Parole nous fasse porter les fruits que tu attends. Nous te le demandons par Jésus-Christ, notre Seigneur.
Amen.

LECTURES

Esaïe 11, 1-10

1 Puis un rameau sortira du tronc d’Isaï, Et un rejeton naîtra de ses racines.
2 L’Esprit de l’Éternel reposera sur lui: Esprit de sagesse et d’intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte de l’Éternel.
3 Il respirera la crainte de l’Éternel; Il ne jugera point sur l’apparence, Il ne prononcera point sur un ouï-dire.
4 Mais il jugera les pauvres avec équité, Et il prononcera avec droiture sur les malheureux de la terre; Il frappera la terre de sa parole comme d’une verge, Et du souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant.
5 La justice sera la ceinture de ses flancs, Et la fidélité la ceinture de ses reins.
6 Le loup habitera avec l’agneau, Et la panthère se couchera avec le chevreau; Le veau, le lionceau, et le bétail qu’on engraisse, seront ensemble, Et un petit enfant les conduira.
7 La vache et l’ourse auront un même pâturage, Leurs petits un même gîte; Et le lion, comme le boeuf, mangera de la paille.
8 Le nourrisson s’ébattra sur l’antre de la vipère, Et l’enfant sevré mettra sa main dans la caverne du basilic.
9 Il ne se fera ni tort ni dommage Sur toute ma montagne sainte; Car la terre sera remplie de la connaissance de l’Éternel, Comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent.
10 En ce jour, le rejeton d’Isaï Sera là comme une bannière pour les peuples; Les nations se tourneront vers lui, Et la gloire sera sa demeure.

Matthieu 3, 1-12

En ce temps-là parut Jean Baptiste, prêchant dans le désert de Judée.
2 Il disait: Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche.
3 Jean est celui qui avait été annoncé par Ésaïe, le prophète, lorsqu’il dit: C’est ici la voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, Aplanissez ses sentiers.
4 Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.
5 Les habitants de Jérusalem, de toute la Judée et de tout le pays des environs du Jourdain, se rendaient auprès de lui ;
6 et, confessant leurs péchés, ils se faisaient baptiser par lui dans le fleuve du Jourdain.
7 Mais, voyant venir à son baptême beaucoup de pharisiens et de sadducéens, il leur dit : Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir ?
8 Produisez donc du fruit digne de la repentance,
9 et ne prétendez pas dire en vous-mêmes : Nous avons Abraham pour père ! Car je vous déclare que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants à Abraham.
10 Déjà la cognée est mise à la racine des arbres : tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu.
11 Moi, je vous baptise d’eau, pour vous amener à la repentance ; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint Esprit et de feu.
12 Il a son van à la main ; il nettoiera son aire, et il amassera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint point.

Musique

PRÉDICATION

Quelle consolation, et quelle espérance pour un monde en feu ?

Le mois de décembre est une période de l’année très ambiguë pour beaucoup d’entre nous. Les jours se font de plus en plus courts, de plus en plus sombres, de plus en plus froids. Nous travaillons beaucoup : je reviens personnellement d’un voyage scolaire, ce qui n’était pas du tout des vacances, et les conseils de classes commencent demain soir. Pour beaucoup d’entre nous c’est le moment de l’année où nous travaillons le plus, avec des projets et des bilans à finir et d’autres à planifier. Nous vivons avec des nouvelles qui nous arrivent en temps réel du monde entier, souvent de guerre, de violences, de crises, de tempêtes et d’autres catastrophes naturelles ou causées par des hommes. C’est aussi le temps des rhumes et de la grippe, et d’autres bactéries et virus qui cherchent des hôtes fatigués ou vulnérables. Malgré tout ce qui nous accable, c’est aussi le temps de Noël, du renouveau et de l’Espérance, de l’accueil des amis et de la famille, avec des lumières et décorations partout.
Aujourd’hui nous sommes en effet déjà le deuxième dimanche de l’Avent – Avent qui vient du verbe latin “advenire”, ou arriver, et non pas de la préposition avant. Noël arrive. Jésus arrive. Nous avons le sentiment à la fois de marcher vers quelque chose de nouveau, et en même temps de revivre quelque chose de bien connu. Nous pouvons allumer une deuxième bougie sur notre couronne de l’Avent, comme nous l’avons fait l’an dernier (et les années avant), et après le culte, vous pouvez rester pour répéter les chants de Noël. Vous les connaissez probablement, comme vous connaissez l’histoire de Noël, et cela fait plaisir de les reprendre et de les réapprendre. Cette étrange alliance entre un temps eschatologique qui avance en ligne droite vers une fin, avec un monde qui semble aller droit dans le mur, et un temps circulaire d’un retour des choses connues, qui nous rassurent et nous donnent de l’espoir, se trouve dans les trois textes du jour. Ce sont les textes que nous lisons année après année, que nous racontons génération après génération ; ce sont des images que nous utilisons depuis des siècles, qui expriment notre désespoir et notre crainte, mais aussi notre espérance d’un monde meilleure, qui nous consolent pour qui nous sommes, et nous donnent la force d’avancer sur un chemin qui est tout sauf droit.

Le défi, pour nous aujourd’hui, c’est de voir comment nous pouvons arriver nous-même à Noël et au temps après Noël avec foi et espérance malgré un monde en feu.

Et c’est justement avec le feu que je souhaite commencer. Dans l’évangile de Matthieu, il est question de différentes formes de feu. Jean le Baptiste, énervé contre l’hypocrisie des pharisiens et des sadducéens qui viennent se faire baptiser, les insulte, en les traitant d’une race de vipères. Il leur rappelle dans les derniers versets de l’extrait :
Déjà la cognée est mise à la racine des arbres : tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu.
Celui qui vient après moi vous baptisera du Saint Esprit et de feu.
Il a son van à la main ; il nettoiera son aire, et il amassera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint point.
Deux sortes de feux me viennent à l’esprit en écoutant les paroles de Jean le Baptiste, l’une positive et l’autre négative : d’une part le feu de la foi, comme les langues de flammes sur la tête des apôtres lors de la Pentecôte, et d’autre part les flammes de l’Enfer. Jésus baptisera de feu là où Jean baptisait avec de l’eau. Les deux éléments, l’eau et le feu, purifient, les deux sont insaisissables, mais le feu se répand à l’infini et donne de la lumière. C’est la promesse. Nous pouvons être la Lumière du monde une fois baptisé de feu ; dans l’évangile de Jean, d’ailleurs, le feu mentionné par Matthieu est remplacé par la lumière quand il s’agit de Jean le Baptiste. Il écrit dans le premier chapitre : Il y eut un homme envoyé de Dieu : son nom était Jean. Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. Il n’était pas la lumière, mais il parut pour rendre témoignage à la lumière. Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme.
Mais la même image de feu devient aussi une menace pour Matthieu. L’arbre qui ne porte pas de fruits sera coupé et brûlé. Pire encore – la paille qui ne sert à rien quand elle est séparée du blé sera jetée dans un feu qui ne s’éteint jamais. C’est une des images bibliques dont des prophètes de malheur, des tribunaux de l’inquisition et des puritains se sont saisi depuis des siècles – cette punition qui ne cessera jamais, la torture éternelle qui attend ceux qui ne se tiennent pas sur le droit chemin. Il est intéressant de noter que Jésus est dépeint ici comme l’agriculteur. C’est lui qui tient le van à la main, et par déduction donc la cognée. Un van est une sorte de grand panier plat avec lequel on frappe des céréales pour séparer les graines et la paille. Une cognée est une grande hache utilisée pour couper des arbres. C’est Jésus qui sépare, qui coupe et qui jette dans le feu. Mais c’est aussi Jésus qui incarne la lumière, qui allume la lampe qu’on ne cache pas sous un seau, mais on la met sur son support et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison.
L’image de l’arbre coupé se trouve aussi dans le livre d’Esaïe : Puis un rameau sortira du tronc d’Isaï, Et un rejeton naîtra de ses racines. L’extrait se termine sur les paroles : en ce jour, le rejeton d’Isaï sera là comme une bannière pour les peuples ; les nations se tourneront vers lui, et la gloire sera sa demeure.
Le rejeton pousse sur un tronc qui semble mort. Nous ne savons pas si ce tronc a été coupé, ni si les branches ont été brûlées. Peu importe – les racines ont gardé le potentiel de vivre, et ont produit un rejeton, une petite tige, qui a poussé sur un tronc desséché, et qui, comme la lampe mise sur son support pour éclairer toute la maison, est devenue une bannière vue par tous. Dans ce texte, le Messie est le rejeton qui pousse. Mais ce rejeton, cette tige, peut aussi être un bâton. Comme le feu, cette image est ambivalente. Dans le verset 4 Esaïe dit : Il frappera la terre de sa parole comme d’une verge, Et du souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant. C’est cette petite branche qui devient à la fois un arbre qui pousse depuis une souche coupée, un sceptre qui règne, une houlette qui guide et finalement un bâton ou un fouet qui punit le méchant. Dans la vision d’Esaïe pour un monde meilleur, le but ultime c’est donc de rétablir la justice et c’est le Messie qui le fera. Les justes vivront en paix et les méchants seront punis. Ici, Jésus est donc vu comme juge : La justice sera la ceinture de ses flancs, Et la fidélité la ceinture de ses reins.
Au cœur de cette prophétie, se trouve une vision d’un monde nouveau, une des images les plus belles, et les plus connues d’un monde idéal où la justice règnera de nouveau, où ce qui devait être incompatible se rejoindra, où des ennemies se réconcilieront. Je vous la relis :
Le loup habitera avec l’agneau, et la panthère se couchera avec le chevreau ; le veau, le lionceau, et le bétail qu’on engraisse, seront ensemble, et un petit enfant les conduira. La vache et l’ourse auront un même pâturage, Leurs petits un même gîte ; Et le lion, comme le bœuf, mangera de la paille. Le nourrisson s’ébattra sur l’antre de la vipère, Et l’enfant sevré mettra sa main dans la caverne du basilic.
Cette image d’un monde harmonieux et paisible semble aussi vieille que notre littérature écrite, et elle n’est pas exclusive à la Bible. On la trouve déjà dans Les Travaux et les Jours d’Hésiode, datant du VIIIe siècle avant Christ où l’homme dans l’Âge d’Or écoulait de douces heures dans la nature, ne craignant ni le monde naturel autour de lui ni les autres. Virgile, dans son Éclogue 4 parle d’un enfant à naître qui rétablira la justice, ce qui lui a valu le statut de “païen vertueux”, et une place dans les Limbes aux Moyen Age. Je pense que cela vaut la peine de lire un extrait :
Cet enfant jouira de la vie des dieux ; il verra les héros mêlés aux dieux ; lui-même il sera vu dans leur troupe immortelle, et il régira l’univers, pacifié par les vertus de son père. Pour toi, aimable enfant, la terre la première, féconde sans culture, prodiguera ses dons charmants, çà et là le lierre errant, le baccar et la colocase mêlé aux riantes touffes d’acanthe. Les chèvres retourneront d’elles-mêmes au bercail, les mamelles gonflées de lait ; et les troupeaux ne craindront plus les redoutables lions : les fleurs vont éclore d’elles-mêmes autour de ton berceau, le serpent va mourir ; plus d’herbe envenimée qui trompe la main ; partout naîtra l’amome d’Assyrie.
Nous pouvons hausser les épaules et voir ces images d’un Paradis retrouvé comme enfantillage. C’est un peu Marie Antoinette et le Petit Trianon – un monde pastoral artificiellement créé pour jouir d’une innocence factice. Nous pouvons l’étudier sociologiquement comme besoin fondamentale de toute société qui a atteint un niveau de sophistication telle qu’il devient nostalgique de son passé (souvent inventé) plus simple, plus agraire, plus en harmonie avec la nature. Ou bien, nous pouvons juste le temps de ce culte, imaginer la possibilité d’un monde où tout va bien. Nous pouvons tous faire l’effort de visualiser le loup à côté de l’agneau, la panthère se tenant près du chevreau, et le lion qui mange de la paille avec le bœuf. Nous pouvons imaginer un nourrisson jouer avec un serpent sans le craindre. Nous pouvons suspendre notre incrédulité pour accepter même seulement pendant un petit moment cette vision qui nous dit une possibilité. Nous pouvons rêver d’un monde meilleur même si nous savons que le “vrai” monde est en feu et en flamme. Rien ne m’empêche d’allumer une bougie et penser à quelqu’un d’autre même si la nuit semble infiniment noire. Je peux être moi-même ce loup qui décide de ne pas dévorer l’agneau à côté de moi. Comme le lion, je pourrais manger de la paille si cela rendait heureux un ami.
Cela me fait penser au tableau très connu de Jérôme Bosch, le Dernier Jugement, qui se trouve à Bruges, et qui est reproduit sur votre feuille de culte.
Au milieu se trouve la terre, à gauche le paradis et à droite l’enfer (le contraire du point de vue du tableau). Il est intéressant de noter que l’enfer y est juste une continuation de la terre, ou l’on voit le présent du peintre imaginé déjà au temps du dernier jugement. Le ciel y est pollué, et à moitié rempli de flammes qui se répandent et s’intensifient dans l’enfer. Les gens y souffrent déjà, se faisant mal, se tuant et se torturant. Le couteau disproportionné est facile à voir. Cette souffrance se poursuit donc tout simplement en enfer. Pour accéder au paradis, par contre, il faut regarder vers le haut, où le Christ se tient dans une sorte de tunnel, avec une épée d’un côté et une fleur de lis (une branche ?) de l’autre. En passant par ce trou assez étroit et difficile d’accès, les âmes bienheureuses sont accueillies au paradis, et autour de la fontaine du nouveau Jérusalem, elles se tiennent en s’amusant avec toutes sortes d’animaux et d’objets étranges.
Déjà pour Bosch, qui a vécu dans une Europe déchirée par des guerres, des maladies, la famine, et l’injustice sociale, la terre était comme un avant-goût de l’enfer. Pour beaucoup de gens c’est toujours le cas. Mais il faut croire qu’il y a autre chose, sans fermer les yeux aux malheurs pour autant.
Je pense que ce que j’essaie de dire, c’est que ce qui a été écrit dans la bible, souvent de façon très poétique (les bénédictions, des chants de louange, les prophéties) sont autant d’images que nous pouvons voir encore, et même s’il y a beaucoup de visions de malheur qui exprime notre réalité, il reste des visions d’un monde meilleur qui ne sont pas juste des vœux pieux. Elles aussi, sont une forme de réalité. Nous vivons dans un monde où ce qui existe, ce qui est concret et réel a bien plus de poids que nos histoires éphémères et nos visions faites, somme toute, de rien. Mais ce qui nous console, c’est la beauté de ces visions. Nous sommes capables d’imaginer un monde juste et harmonieux et par conséquent œuvrer à avancer vers ce monde. L’histoire de Noël qui revient chaque année, qui a été racontée des millions de fois à des millions de gens – l’étoile, les anges, le bébé emmailloté dans la paille, les bergers et les rois mages, peu importe la vérité de cet évènement. Ce qui compte c’est une histoire et une vision partagées de rédemption et d’espoir pour le monde, que chacun peut donner à son tour, comme une flamme peut être passée d’une bougie à une autre sans diminuer. Ce qui nous donne de l’espérance, c’est notre pouvoir d’imaginer ce qui devrait être inimaginable vu notre tendance humaine à détruire et gâcher des choses. Nous avons la capacité de croire en ce qui ne devrait pas être possible et sur un petit niveau de rétablir la justice et donner de l’amour.
Le monde ne va probablement pas aller mieux demain. Les hommes continueront à polluer, à faire la guerre, à priver des innocents de leurs droits, et nous en ferons partie malgré nous. Les riches deviendront plus riches et ils continueront à nous faire croire que nous devons souscrire à toute nouvelle invention, à consommer comme les autres pour être plus heureux, un peu comme ces pharisiens et sadducéens mentionnés par Matthieu, qui accourent se faire baptiser par effet de mode. Mais Dieu nous a donné la capacité de vouloir, et d’imaginer, autre chose. Nous avons les Écrits qui nous montrent d’autres possibilités. Ils ne racontent pas uniquement ce qui est beau – il y a aussi des meurtres, des lâchetés, des déceptions et de la violence dans ces grandes histoires. Mais elles ne finissent pas avec la destruction et le feu éternel. Elles finissent avec le nouveau Jérusalem qui descend, portant une vision d’une nouvelle terre et d’un nouveau ciel. Nous pouvons y croire, car nous pouvons l’imaginer, et en attendant, nous pouvons allumer notre lampe et la faire briller pour les autres. Nous pouvons porter des fruits de la foi (qui selon la lettre aux Galates sont l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi) ; nous ne sommes pas inexorablement voués à être coupés et jetés au feu. Nous ne sommes pas de la paille qui doit être brûlée, mais nous pouvons être ces graines qui portent la vie et l’espérance en elles.
J’ai moi-même eu une vision. Ces versets, la prophétie d’Esaïe, est le texte du jour, et elle est lue dans des centaines d’églises à travers la France, et même le monde aujourd’hui. Elle est entendue une fois de plus par des milliers de gens, et elle se répand comme des millions de bougies allumées l’une grâce à l’autre. Notre monde est d’un coup rempli ce matin, maintenant, de loups qui vivent avec des agneaux, de lions qui mangent la paille avec leur voisin le bœuf, d’enfants qui ne se feront ni tort ni dommage sur toute la montagne sainte du Seigneur. Ou bien dans les paroles de Paul aux Romains, tout ce qui a été écrit d’avance l’a été pour notre instruction, afin que, par la patience, et par la consolation que donnent les Écritures, nous possédions l’espérance. Cette espérance, nous la tenons dans nos deux mains ce matin. Et elle nous met debout. Elle nous permet d’avancer avec confiance vers le Christ qui vient à notre rencontre, cette année comme l’année dernière et jusqu’à la fin des temps.
Amen

Musique

CONFESSION DE FOI [debout, ensemble]

Je crois en un seul Dieu, qui est notre Père,
Il a pour le monde et pour nous des projets de vie et de joie.
Je crois en Jésus-Christ,
notre Seigneur et notre frère,
qui est fils de l’homme et fils de Dieu,
Il est venu à nous, il nous a aimé et il nous a sauvés.
Je crois en l’Esprit Saint
qui nous est laissé comme un don de la grâce,
qui appelle la foi et fonde notre espérance.

31- 17 les trois strophes

ANNONCES ET OFFRANDE

PRIÈRE D’INTERCESSION

Seigneur, toi qui es notre Dieu et notre Père, en Jésus le Christ tu es venu habiter notre terre.

Et quelle terre ! Nous vivons dans un monde, qui peut être si beau, une terre où nous semons chaque fois des graines avec l’espoir qu’elles vont éclore et où nous plantons pour embellir, ou simplement pour se nourrir et où, pour beaucoup d’entre nous, c’est de plus en plus difficile de voir cette beauté.

Avec la guerre qui sévit en Ukraine, avec les atrocités en Palestine et Israël, la guerre dont on ne parle même pas chez nos frères et sœurs à Goma; le cynisme des soi-disant leaders du monde. Notre terre qui court à sa perte…

Donne la sagesse à ceux qui nous gouvernent, guide-les pour prendre de bonnes décisions.

Seigneur Dieu, aide-nous à croire en ta bonté, aide-nous à soulager ceux qui ont mal, dans leur chair ou dans leur vie, à être présents pour eux.

Ouvre les yeux à ton peuple où qu’il soit, quel qu’il soit, aux peuples du monde entier, pour qu’ils ne cèdent pas aux sirènes des extrêmes, des extrémistes et autres fanatiques.

Seigneur, viens-nous en aide. Le monde a besoin de toi.

Et nous disons avec confiance la prière que tu nous a enseignée :
NOTRE PÈRE…

EXHORTATION

Dans les paroles de Paul aux Romains (15,4) je vous rappelle que
[…] tout ce qui a été écrit d’avance l’a été pour notre instruction, afin que, par la patience, et par la consolation que donnent les Écritures, nous possédions l’espérance.

Aussi, employons notre temps à rêver. Employons notre énergie à prophétiser. Employons notre espérance à avoir des visions d’amour, de paix et de justice. Employons notre vie à affirmer avec humilité, joie, courage et foi : Jésus-Christ est le Seigneur !

BÉNÉDICTION

Recevons la bénédiction de la part de Dieu :

Dieu vous bénit et vous garde.
Il vous accorde sa grâce.
Il tourne sa face vers vous et vous donne la paix.
Amen.

Musique