Culte du 20 juillet 2025

Prédication : Michel HesselOrgue : Violaine Plantard

Musique

ACCUEIL

Soyez bienvenus toutes et tous pour ce moment de partage. Laissons à la porte nos remords et nos regrets. Tournons-nous vers les lumières de la Parole, du Silence et de la Musique.

SALUTAION ET ANNONCE DE LA GRÂCE

« Moi, je ne juge personne » annonce le Christ. Non, vous ne serez pas condamnés. L’espérance triomphe de la misère et l’amour triomphe de la rancœur.

LOUANGE [debout, ensemble]

Psaume 150 (extraits)

Louez l’Éternel ! Louez Dieu dans son sanctuaire ! Louez-le dans l’étendue céleste où éclate sa puissance !(…) Louez-le au son de la trompette ! Louez-le avec le luth et la harpe ! Louez-le avec le tambourin et avec des danses ! (…) Louez-le avec les cymbales sonores. Louez-le avec les cymbales retentissantes ! Que tout ce qui respire loue l’Éternel ! Louez l’Éternel !

Psaume 127, strophes 1, 2 et 3

PRIÈRE DE CONVERSION [assis]

Ô Dieu, dans l’encouragement, apprends-nous le courage et non pas l’attendrissement. Sois fort en nous pour que nous devenions forts par toi. Tu es le Dieu qui redresse le roseau courbé et qui dresse l’homme épuisé. (…) Dispose-nous à encourager même ceux qui nous découragent, car peut-être ne sont-ils que le reflet de notre hostilité. (André Dumas)

DÉCLARATION DU PARDON

Nous avons été guidés par la rage, par les séparations brutales, par l’envie violente, par les harangues des foules tumultueuses. Nous nous sommes perdus dans le désert des grandes cités où la solitude règne dans les bousculades. Nous avons beaucoup à nous pardonner à nous-même à cause de cela. Aide-nous Seigneur à partager ce pardon nécessaire avec le prochain qui, comme nous, revient des pays de misère et de bousculades. Aide le silence, la musique et la parole à croiser leurs forces vers le pardon.

43-05, strophes 1-2

VOLONTÉ DE DIEU

Psaume 131

Éternel, je n’ai pas un cœur orgueilleux ni des regards hautains, et je ne m’engage pas dans des projets trop grands et trop élevés pour moi. Je suis calme et tranquille comme un enfant sevré qui se trouve avec sa mère, je suis comme un enfant sevré.
Israël, mets ton espoir en l’Éternel dès maintenant et pour toujours.

43-05, strophes : 3-4

PRIÈRE D’ILLUMINATION

Notre Dieu, aujourd’hui nous te demandons seulement de nous garder étonnés, pour que nos yeux sachent s’allumer et briller comme ceux des chats dans la nuit, pour que nos mains sachent parler et qu’on nous devine vivants, même sans nous entendre, pour que rien ne redevienne en nous tassé ni flétri, affaissé ni atténué. (André Dumas)

LECTURE

Luc 10 , 38-42 (Segond 21)

Comme Jésus était en chemin avec ses disciples, il entra dans un village, et une femme du nom de Marthe l’accueillit dans sa maison. Elle avait une sœur appelée Marie, qui s’assit aux pieds de Jésus et écoutait ce qu’il disait. Marthe était affairée aux nombreuses tâches du service. Elle survint et dit : « Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma sœur me laisse seule pour servir ? Dis-lui donc de venir m’aider. »
Jésus lui répondit : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et t’agites pour beaucoup de choses, mais une seule est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, elle ne lui sera pas enlevée. »

Musique

PRÉDICATION

Lorsque j’étais en première année de médecine, un groupe de chrétiens m’avaient attiré par leur modestie et leur gentillesse, peu fréquentes en ces lieux. J’avais cessé d’être chrétien en devenant maoïste quelques années plus tôt. Je leur demandai comment revenir à la foi. « Lis les évangiles » fut leur réponse.
Cette première lecture solitaire me plongea plutôt dans la perplexité. Je trouvais Jésus assez prétentieux, surtout chez Jean.
Et puis trois passages me parurent aller à l’encontre de la justice rétributive et socialiste. Le fils prodigue pour qui on tue le veau gras alors que c’est le frangin qui se tape le boulot. L’homme qui enterre son talent et qui se fait engueuler alors que les deux autres sont affreusement capitalistes. Et enfin notre passage du jour dans lequel je trouve assez odieux que Marthe soit renvoyée, c’est comme ça que je le lis alors, à ses fourneaux.

Vingt ans plus tard je retrouve la foi chrétienne à l’église St Bart de Dinard. Trente ans passent encore et je me retrouve devant vous chargé de travailler sur cette visite de Jésus à Marthe et Marie. Peut-être que mon métier de psy m’a appris qu’écouter, ce n’est pas flemmarder, et qu’ainsi la position de Marie aux pieds de Jésus n’est pas purement passive. D’autant que Jésus commence à sentir que le temps presse et va au chapitre suivant confier le texte du notre père. Il y a de l’activité dans l’écoute comme il y a de la passivité dans le service. Je crois que ce passage nous invite à dépasser l’opposition activité passivité.

Marthe est absorbée par la préparation d’un repas qui est sans doute un repas de Shabath. Ce qui n’est pas une mince affaire car il y a au moins cinq plats différents nécessitant chacun du boulot.
Mais ce n’est pas l’activité que Jésus lui reproche. C’est l’inquiétude et l’agitation. C’est tout différent. On le sait bien quand on doit faire sa valise pour partir en voyage. Le temps réel de mettre les objets est assez court. Ce sont les nœuds au cerveau que l’on se fait pour penser à tout prendre qui peuvent occuper du temps long. « Tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses mais une seule est nécessaire. » La bonne chose qu’aurait choisie Marie aurait-elle avoir avec la sagesse du livre de l’Ecclesiaste : « il y a un temps pour semer et un temps pour récolter » ? Livre de sagesse qui est un plaidoyer contre l’inquiétude et l’agitation. Tout est vanité, ou mieux traduit tout est fumée. C’est la passagèreté, traduction par Jean Laplanche du titre de l’article de Sigmund Freud Vergänglichkeit, dont il s’agit.
Les choses ne sont pas faites pour durer et il convient de les goûter dans la fragilité du temps présent. C’est ce temps présent qui passe qui fait paradoxalement l’essence de l’éternité. Celle qui recommence dans l’instant, depuis toujours. Cette éternité qui fait le pont entre le crépuscule et l’aube. Ce rapport avec un temps suspendu irait bien avec cette hypothèse que m’a soufflée Florian Wallez qu’il s’agit d’un soir de Shabbath, fait pour l’homme et pas l’inverse comme aime à le répéter Jésus. C’est le jour où l’on observe le repos d’après la création. Observer le repos, c’est accueillir la parole et le silence, et aussi accueillir ce mélange subtil des deux qu’est la musique. Mais attention, c’est accueillir aussi de la bonne cuisine qu’il faut préparer !
Et là n’oublions pas la pauvre Marthe qui voudrait sans doute ne pas perdre une miette de ce que Jésus dit à sa sœur. Elle tient aussi sans doute à ce que Jésus la conforte dans sa dignité de disciple, au même titre voire plus que Marie. Jalousie naturelle dans cette petite famille qu’ils constituent tous les quatre avec Lazare. En famille le syndrome de la cinquième roue du carrosse est de règle, et même les plus saintes n’y échappent pas. Mais regardons de plus près la réponse de Jésus : « Marie a choisi la bonne part, elle ne lui sera pas enlevée ». Cela ne veut pas dire que les rôles soient fixés de manière définitive. Rien n’interdit d’imaginer que suite à sa plainte et après que Jésus ait conclu son petit discours à Marie ils se lèvent tous deux pour prêter main forte à Marthe, au moins pour mettre la table et les chandeliers.
La parole de Jésus, comme souvent lorsqu’il s’agit du Shabbat, nous invite à quitter le point de vue
de valorisation de la souffrance. Marthe et Marie sont considérées par Jésus comme des disciples et elles se conduisent comme telles. Lorsque Marthe va au devant de Jésus alors que son frère Lazare est donné pour mort, elle lui dit franchement qu’il aurait pu empêcher cela s’il était venu plus tôt.
Mais elle ajoute : « même maintenant je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu te sera accordé ». Elle fait venir ensuite Marie qui tombe aux pieds de Jésus et dit la même chose : « si tu avais été ici mon frère ne serait pas mort ». Et Marie, à la différence de Marthe qui est davantage dans l’action que dans l’émotion, se met à pleurer. Ses larmes sont décisives. Elles provoquent chez Jésus des réactions très vives : il est bouleversé, indigné et il pleure. C’est à partir de cet état, dans lequel il semble faire corps avec la famille et les amis du défunt, qu’il va trouver l’énergie pour ressusciter Lazare.
Cela donne sens aux premiers propos de Jésus à l’annonce de la maladie de Lazare : « cette maladie n’aboutira pas à la mort, mais elle servira à la gloire de Dieu, afin qu’à travers elle la gloire du Fils de Dieu soit révélée. ». Comme s’il fallait ce tour de force de passer par l’état de mort clinique pour que le redressement soit plus frappant. Comme s’il fallait que Jésus vive en lui-même la mort de Lazare pour que la résurrection prenne sa source.

Oui, la résurrection est en germe dans le temps du Shabbath. Mort apparente de l’activité de création,
pause qui précède la récréation et ses agapes. Sachons mettre à profit ces moments où l’importance est accordée au temps libre, celui de la parole, celui de l’écoute, celui de l’appétit qui précède le repas. Sachons suspendre, malgré les tourments du monde, l’inquiétude et l’agitation afin de goûter au silence qui suit et précède la musique.

Amen

Musique

CONFESSION DE FOI [debout, ensemble]

Psaume 23 (traduction de Patrick Youssef Calamusa)
Le Nom est mon prochain,
je ne manque pas.
Dans de beaux paysages verts, il me laisse m’étendre,
au bord d’une eau paisible il me laisse venir.
Il fait tourner mon souffle, me dirige
dans les cercles de la justice, pour fin son nom.
Quand bien même je marche au creux de l’ombre mortelle,
je ne crains pas le mal, car tu es avec moi ;
ton sceptre et ton soutien me réconfortent.
Tu disposes devant moi une table, dialogue avec mes ennemis ; avec l’huile tu oins ma tête, plénitude est ma coupe.
Seuls le bien et l’amour me harcèleront
tout les jours de ma vie ; et je demeure
dans l’intimité du Nom pour l’étendue de jours.
AMEN

ANNONCES ET OFFRANDE

PRIÈRE D’INTERCESSION

Seigneur, tu as le sourire. Le sourire constant de ceux qui savent et aiment faire savoir. Veuille les tourner vers eux et elles. Seigneur, tu as le sourire. Le sourire confiant de ceux qui aiment et savent faire aimer. Veuille faire voyager le sourire, au point qu’il nous retrouve, quand nous sommes un peu comme Job, privés de voix pour Te louer.
Je cite un poète : « On me dit que le doute, c’est le Bon Dieu qui clignote mais ma foi est fébrile comme une chandelle. La foule est ventriloque, à couvert on chuchote, c’est dans la pénombre que la lumière est belle. » Fred Pellerin, dans la chanson : « Tenir debout » Merci de nous donner des poètes pour tourner la plainte en complainte, seuil d’espérance. Pensons à ceux qui ont trop de vacarme pour sentir le clignotement de Dieu. Nous te prions (…) Nous te prions pour elle, que je nomme dans mon cœur (…) Nous te prions pour lui, que je nomme aussi, que je surnomme (…) Pour eux (…)
Nous te prions pour celles et ceux dont la louange a donné sa langue au chat. Pourquoi ? Parce qu’ils n’en peuvent plus. Parce que le malheur a tout abîmé. L’injustice, la rancœur, l’envie, la rage, hantent la maison. C’est un endroit navré, qui ne peut plus être un havre. Plein à craquer de cauchemars. Où respirer ? où prier ? Où se retrouver seuls devant toi ?
Prions aussi pour celles et ceux que l’on va croiser demain, tout à l’heure. Ils n’ont plus de maison. Demande s’il te plaît Seigneur à l’Esprit Saint de fabriquer les actes, les mots et les gestes pour qu’on leur dise. Qu’on leur dise, aux sans-maisons, que nous sommes avec eux dans une très grande maison.
Ton Royaume.
Révélé à notre conviction par ton fils, notre Seigneur, Jésus Christ.

Amen.

NOTRE PÈRE [debout, ensemble]

Psaume 67A, strophes 1-2

EXHORTATION ET BÉNÉDICTION

Allons en paix, chers frères et sœurs, dans ce monde si difficile à habiter, ce monde aux possibilités étonnantes et qui semble avoir perdu la tête.
Ayons foi dans le pouvoir de l’Esprit, notre Défenseur, qui nous aide à maintenir le cap sur l’espérance, la foi et l’amour. Accordons notre luth th et notre lutte deux t e pour que la musique du royaume vienne apaiser les dissonances du monde.
Que Dieu vous bénisse et vous garde.

Amen

Musique